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Même résultat, emballage différent : la nouvelle logique de la sélection des produits

Les investisseurs comparent de plus en plus les produits d'investissement en fonction du profil de rendement recherché plutôt que de la catégorie de produit utilisée pour l'obtenir. Des objectifs tels que la préservation du capital, le revenu conditionnel, la participation ou le risque défini sont désormais au cœur des discussions sur les investissements, tandis que les étiquettes des produits sont devenues secondaires.

By Tara YorkResponsable EMEA chez Luma Financial Technologies

Cet article a été publié dans Finanz und Wirtschaft. Voir la version allemande ici.

Historiquement, les placements structurés étaient organisés autour de catégories de produits. Les titres, les certificats, les fonds et les produits d'assurance étaient considérés comme des formats distincts, chacun étant lié à des canaux de distribution, des cadres réglementaires et des processus opérationnels spécifiques, même lorsque la logique de rémunération sous-jacente était similaire.

Cette approche évolue. Les investisseurs se demandent de plus en plus quel résultat ils souhaitent obtenir plutôt que comment l'investissement sera réalisé. Concrètement, cela signifie définir d'abord le résultat escompté, puis choisir la structure. Le débat sur l'investissement se déplace de la question de savoir quoi acheter vers celle de l'objectif visé.

Plusieurs facteurs ont accéléré cette évolution. La volatilité accrue des marchés, l'évolution des régimes de taux d'intérêt et la plus grande dispersion des actifs ont sensibilisé davantage aux risques de perte et à l'asymétrie des rendements. Parallèlement, une transparence accrue et des outils plus performants ont facilité la description des stratégies en termes de résultats et la comparaison de profils de rendement similaires entre différents formats. De ce fait, une logique de rendement similaire se retrouve désormais dans de nombreux dispositifs.

Une seule logique de gain, différents emballages

Une exposition à résultat défini peut être structurée par le biais d'un titre, mise en œuvre par une société de gestion d'actifs ou intégrée à une solution d'assurance. Sur certains marchés, les ETF de protection structurés appliquent les mêmes mécanismes de versement au sein d'un fonds réglementé. Bien que la mise en œuvre diffère, l'exposition économique sous-jacente est souvent comparable. Ces fonds constituent de plus en plus des voies d'exécution alternatives pour une même logique d'investissement.

Une fois l'objectif de rendement défini, le choix de la structure juridique devient une décision pragmatique. Les investisseurs et leurs conseillers s'intéressent moins à l'appellation et davantage à des aspects tels que le traitement fiscal, la liquidité et les contraintes réglementaires. L'intention économique demeure inchangée, tandis que la forme juridique s'adapte aux besoins des investisseurs.

Cela a favorisé une approche plus comparative. Les titres, les sociétés de gestion d'actifs, les fonds et les solutions d'assurance sont de plus en plus souvent évalués côte à côte. Les diagrammes de rendement et les profils risque-rendement ont souvent plus de poids que les noms des produits, permettant ainsi des comparaisons plus claires. Aucun produit n'est universellement supérieur. Chacun présente des avantages en fonction du profil de l'investisseur, de l'horizon de placement et du contexte opérationnel. La capacité croissante d'appliquer une logique de rendement similaire à différentes structures introduit flexibilité et neutralité structurelle dans la construction de portefeuille.

La coexistence plutôt que l'éviction

L'apparition de nouveaux produits dérivés a suscité des inquiétudes quant au risque que l'innovation dans un format se fasse au détriment d'un autre. La question est souvent formulée ainsi : les produits dérivés classiques destinés aux particuliers, tels que les ETF, pourraient-ils détourner des investissements de structures historiquement plus institutionnelles ?

Une autre perspective consiste à considérer ces formats comme complémentaires. Les ETF facilitent l'accès au marché en offrant un accès standardisé, de la transparence et une grande simplicité d'utilisation. Cette familiarisation croissante avec les concepts de résultats définis renforce la confiance des investisseurs et, à terme, stimule la demande de solutions plus personnalisées, proposées via des produits structurés, des sociétés de gestion d'actifs ou d'autres structures établies. Même lorsque les ETF impliquent des compromis en matière de capital ou de bilan pour les émetteurs, ils peuvent constituer un moyen efficace d'initier un public plus large d'investisseurs particuliers à la notion de résultat. Dans cette optique, le développement de ces structures peut être bénéfique et non contre-productif, notamment lorsque différents formats répondent à des besoins ou des contraintes d'investisseurs distincts.

Cette évolution est particulièrement pertinente pour la Suisse, où des décennies d'expertise en structuration ont façonné une culture d'investissement axée sur des résultats définis et une ingénierie précise des rendements. La croissance continue de l'innovation en matière de solutions d'encapsulation témoigne d'un marché qui dissocie aisément la conception des rendements du mode de distribution.

Dans un paysage d'investissement axé sur les résultats, les émetteurs demeurent essentiels. L'expertise en structuration, la rigueur en matière de tarification et la gestion des risques déterminent la crédibilité et la reproductibilité d'un rendement, quel que soit le format. À mesure que les enveloppes de produits structurés évoluent, la caractéristique déterminante de l'investissement structuré n'est plus la forme de distribution, mais la clarté du résultat, la transparence du risque et du rendement, ainsi que la rigueur avec laquelle ces résultats sont élaborés.

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